On nomme consanguinité ou sujets consanguins les produits de parents d'un même sang. Il y a divers degrés de consanguinité. Les plus proches sont les alliances entre un mâle et sa descendance femelle directe, entre une femelle et sa descendance mâle directe, entre un mâle et une femelle de même descendance directe.

Il ne faut pas abuser de la consanguinité. C'est, a-t-on dit,«une affile à deux tranchants».

De ce que la consanguinité ne produit aucune dégénérence chez les oiseaux à l'état sauvage, de ce que les éleveurs, et notamment les Anglais, s' en sont servis pour créer et améliorer les races, doit-on en conclure qu'elle est toujours bonne et qu'on doit l'employer sans aucune mesure?

Ce serait une autre exagération. La vérité se tient dans un juste milieu, comme la vertu. La consanguinité n'est ni bonne ni mauvaise en elle-même Elle peut produire de bons et de mauvais résultats.

La consanguinité ne crée ni qualité ni défaut, mais elle transmet, en les exagérant, les qualités et les défauts existants chez les parents.

Cette exagération, soit en mal, soit en bien, est un fait qui a été constaté par les zootechniciens Lanson dit que« la consanguinité élève l'hérédité a la puissance».

Magne écrit « qu'elle facilite la transmission des maladies de familles comme celle des qualités.

Beaudemont la qualifie « d'hérédité à bref délai».

Guyot la considère comme une «loi d'hérédité agissant à puissances cumulées, ainsi que deux forces parallèles agissent dans le même sens> > .

Baron, René, les zootechniciens anglais et allemands sont du même avis et, en médecine humaine, les théoriciens les plus connus semblent adopter de plus en plus la même théorie.


Que faut-il en conclure pratiquement?

Que si les reproducteurs ont une tare quelconque, voire même une tendance, la consanguinité va transmettre cette tare ou cette tendance aux descendants en l'exagérant. Leurs qualités et leurs aptitudes communes vont être également transmises avec exagération. Et c'est pourquoi la consanguinité est une arme à double tranchant, favorable ou défavorable à l'éleveur, selon la manière dont il la manie.

En appliquant, en aviculture, la consanguinité à outrance, on obtient notamment des sujets d'une beauté extérieure remarquable; mais c'est le plus souvent au détriment de la rusticité et de l'aptitude reproductrice, qualités essentielles en élevage pratique.

Dans la basse-cour, on devra donc éviter les accouplements successifs entre individus d'un même famille et introduit de temps à autre un sang nouveau. Cela est particulièrement important pour le dindon. Dans certains pays, l'abâtardissement de la race est très rapide en raison de la manière trop ordinaire de procéder. Les cultivateurs ne conservent à l'automne que deux ou trois dindes et se

fient) pour l'accouplement, au service d'un dindon mâle de quelqu'un de leurs voisins Nous ne saurions trop mettre en garde contre les graves inconvénients qui en résultent pour la beauté, la vigueur et réussite des produits.


Le rapport numérique entre mâles et femelles

Il est très important de savoir combien il faut donner de femelles à un mâle. Très variable, suivant les espèces et mêmes les races, ce nombre peut différer aussi sous l'influence de causes nombreuses,

Le pigeon ne s'accouple qu'avec une femelle; chez la pintade, même tendance; toutefois, on pourra le plus souvent laisser deux femelles pour un mâle. Il faut un jars pour trois à quatre oies, un canard pour à cinq canes, un dindon pour six à huit dindes. Selon la saison et ses conditions d'existence (isolements antérieur, alimentation, parcours libre ou limité, etc...), un coq pourra féconder de six à dix-huit poules. Quant au lapin, il détient évidemment le record avec le chiffre habituel de douze à quinze femelles pour un mâle.


Parmi les conditions et circonstances favorables à l'accomplissement des fonctions de reproduction, signalons encore: le climat, la saison et l'isolement antérieur. Les reproducteurs devront être habitués au climat de la région, ou par atavisme si cette région est dans leur pays d'origine, ou par acclimatement s'ils ont été importés. Il ne faudra donc en général attendre qu'un rendement médiocre de sujets passés brusquement d'un climat à un autre très différent. C'est l'histoire de la poulette italienne transportée dans le Nord, de l'Orpington passant dans les contrées chaudes, etc. L'oie, le canard, le pigeon, issus d'oiseaux migrateurs à l'état sauvage, échappent à cette influence. La pintade, le dindon, le lapin et la poule y sont plus ou moins sujets.

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